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Te retrouver sur cette route (lettre à la famille)  posté le vendredi 18 mai 2007 16:10


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Lettre à la famille  posté le vendredi 18 mai 2007 16:15

Blog de providence : LE JARDIN DE MON COEUR, Lettre à la famille

A toute la famille,

 

C'est avec une grande émotion que moi et ma fille Séverine, nous vous avons revu, pour ma part depuis plus de 25 ans... et avec le grand regret de ne pas avoir vu ma soeur Jeanine.

 

Ma présence à ce rendez-vous était pour moi important et je sais que j'y avais ma place.

C'était aussi une certaine façon de rendre hommage à nos proches qui sont disparus sans que personne se soucie de m'informer de leur décès.

 

J'aimerais parler de ce SECRET FAMILIAL qui a longtemps pris place dans la famille sans que je puisse à aucun moment me douter du MAL que l'on me faisait. Déjà je pense qu'il faut que je donne une explication à ma soeur Bernadette, quant à mon départ de chez papa Bernard et maman. J'ai pris cette décision de vous quitter en accord avec grand-mère Marie qui me soutenait beaucoup, car elle m'a en partie élevé depuis l'âge de "4 ans". Elle a été pour moi UNE MERE plus qu'une grand-mère.

 

Ce départ n'avait aucun rapport avec l'argent comme beaucoup l'ont sous-entendu. J'allais retrouver mon père QUE JE NE CONNAISSAIS PAS, pour ne plus être battue par maman qui ne m'aimait pas et qui me reprochait toujours d'avoir dû payé les mois de nourrices. Puis aussi parce qu'elle gardait l'argent de mon travail qui était "dur" physiquement. J'avais à peine 15 ans quand j'ai commencé à travailler.

 

Je suis partie de la maison familiale, non sans souffrance, car nous avons toutes les trois étaient élevées ensemble, puisque notre soeur Jeanine était élevée chez notre grand-mère Marguerite qui ne m'aimait pas non plus (je pourrais expliquer des faits).

 

C'est grand-mère Marie qui m'a conduit à la voiture de mon père avec une petite valise marron qui contenait deux ou trois vêtements. Sur le départ, grand-mère Marie m'a dit "tu sais ma petite Colette, tu me manqueras beaucoup, mais tu seras plus heureuse ! dans un an je ne serais plus là !"

 

Grand-mère Marie a demandé à mon père de prendre soin de moi. Mais à peine partie de la maison, mon père me dit ceci : "tu quittes ta famille mais je ne veux aucune larme et aucune réclamation". Je crois que  j'aie tenu longtemps cette promesse ! Mais à cette seconde même, JE NE SAVAIS PAS CE QUI M'ATTENDAIT ET QUI ETAIT REELLEMENT MON PERE BIOLOGIQUE. 

 

Un an après mon départ, grand-mère Marie décédait ; je suis venue à ses obsèques et je me souviens, Bernadette que tu m'avais posé cette question : "tu reviendras nous voir ?" et je t'ai répondu "oui" en toute sincérité. Mais j'étais loin de penser à ce moment précis que mon père m'empêcherait de venir vous voir, si bien que je n'ai pas pu tenir ma promesse et j'en ai beaucoup souffert. Cela a dû être difficile pour toi de le comprendre.

 

Mais malgré cela, je pense Bernadette que, quand tu me disais que tu avais des fins de mois difficiles avec ta petite famille, je n'ai jamais hésité à te soutenir en te donnant l'argent que tu me demandais.

 

Cette lettre va peut-être vous surprendre, mais pour moi, elle est importante, car le silence, l'indifférence et les non-dits me pèsent et me font souffrir.



Je n'ai pas demandé à venir au monde,

Je n'ai pas demandé à ce que mes parents divorcent,

Je n'ai pas demandé à être élevée par des nourrices jusqu'à l'âge de "4 ans" et surtout je n'ai pas demandé à être séquestrée, harcelée moralement, à subir l'inceste par mon père pendant des années.


Je n'ai pas choisi cette situation, le divorce de mes parents a été néfaste pour moi, car je n'étais pas désirée puisque mes parents étaient séparés au moment de ma naissance. D'ailleurs je pourrais me poser cette question ! Qui suis-je exactement et à qui j'appartiens réellement pour avoir été LEUR JOUET ?

 

Pourquoi ne suis-je pas partie de chez lui ?

J'ai essayé à 3 reprises...

Je ne pouvais pas revenir chez ma mère, je me sentais rejetée et tellement mal aimée quand j'ai quitté la maison. 

 

SOUMISE ET SOUS L'EMPRISE de ce père dont vous connaissiez la NOTORIETE à laquelle j'aurais pu porter atteinte et préjudice, je ne pouvais pas m'échapper par crainte de représailles de sa part. "ME SACHANT SURVEILLEE", (certaines personnes aujourd'hui peuvent encore en témoigner). "TOUT M'ETAIT INTERDIT". A cette époque l'INCESTE était TABOU. 

 

Enfin ce n'est qu'un certain matin qu'avec l'aide d'amis et de  collègues de travail (témoins toujours vivants) que j'ai pu organiser mon départ de Normandie avec les enfants. C'est par hasard que je me suis retrouvée dans le sud-Ouest, une région que je ne connaissais pas, dans une maison achetée par mes soins. Quinze jours avant ce départ, mon père m'a imposé de nous accompagner, ce que j'ai eu la faiblesse d'accepter étant donné sont état de santé qui commencait à se dégrader et sa situation financière qui ne lui permettait pas d'être autonome. JE ME DOIS DE PRECISER QUE SES TURPITUDES NE CESSERENT QU'A CE JOUR.

 

Malgré les difficultés que je ne soupçonnais pas devoir affronter et vivre, cette décision aller me sauver - si l'on peut dire !...

 

Ma fille Virginie était au courant de cette situation depuis l'âge de 11 ans, car elle-même s'étonnait des comportements de son grand-père à son égard. Il m'aura fallu doublement protéger mes enfants.

Mes filles Séverine et Angélina avaient 19 et 15 ans quand elles ont été au courant de ces faits, qui aujourd'hui font partie de notre histoire.

 

Cette histoire fait partie de notre vie et reste TOUJOURS DIFFICILE à porter compte-tenu de votre indifférence qui se confirme encore à ce jour et des propos tenus par certains membres de la famille !... 

 

Il m'a fallu beaucoup de courage pour vous écrire cette lettre.

 

Ce n'est pas de la fiction ni de l'imaginaire, mais bien la réalité. Si je suis encore là aujourd'hui, c'est grâce à mes enfants, mes amis et les personnes qui m'ont aidée en partie à me reconstruire (Violette et Jean, Hélyette et Bernard, Isabelle, Micheline et Georges, Alain, Pierre, Rose-Marie et Claude, Sophie, Jocelyne, Nadia, Marilia, Francis, Sylvie, Guylène, Eva....) sans oublier papa Bernard avec qui j'avais toujours gardé contact.

 

Après le décès d'Anne-Marie, je t'ai téléphoné Bernadette pour t'apporter mon soutien, et après plusieurs tentatives, tu m'as dit : "tu n'as jamais fait partie de la famille et tu n'en feras jamais partie" ce fut très douloureux... tu oublies que ta mère était ma mère et ton père qui n'était pas mon père biologique était bien le seul avec Grand-mère Marie à me considérer comme sa propre fille...

 

Désolée mais je ne comprends pas en quoi je ne fais pas partie de la famille...

 

Par ailleurs jai tristement appris que tu racontes mon histoire à certaines personnes de la famille à ta façon qui est bien loin de la réalité... c'est pourquoi avec cette lettre je tenais à ce que tout le monde connaisse la vérité... Aujourd'hui, je suis prête à ce que cette histoire sorte de l'ombre et devienne publique. 

 

Que me reprochez-vous ?

Pourquoi tant de haines ?

Pourquoi ces calomnies ?

Quelle est la raison de mon exclusion de la famille ?

Quel est le mal que je vous ai fait ? 

 

Dans ce vécu, ce n'est pas moi le bourreau ! je ne me sens pas coupable et je suis fier d'être ce que je suis aujourd'hui.

 

Je n'ai plus aucun bien, je ne dois rien et ne fais de mal à personne, c'est ma plus grande richesse et je la revendique très haut et très fort. Ce que j'ai aujourd'hui pour vivre je l'ai gagné avec le courage qui me restait pour survivre.

 

Tout le monde n'est pas obligé de m'aimer, mais je vous demande de me respecter, en n'allant pas déformer l'histoire de ma vie...

 

Même très loin et depuis toutes ces années, je n'ai jamais oublié ma famille notamment Laetitia, Dany, Florence, Frédéric, Angélique et Gwenn. Ma porte vous est ouverte... je serais heureuse de pouvoir vous lire, vous écouter, vous rencontrer...???

 

Colette...

 


 

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L'enfant refusé (musique Entre ciel et terre "9")  posté le mardi 19 juin 2007 18:47


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J'aurais voulu te parler, te dire quelques mots.
Ton refus est un souvenir que l'on n'oublie pas.
J'ai pleuré en silence fort déçu de tes propos.
 
 
 
A ma jeunesse, je te détestais pour ton geste interrogatif.
J'étais l'enfant qui s'insurgeait de ton indifférence.
Je t'en voulais, tu étais l'ennemi expressif
Mais avec les années, j'aurais tant  désiré être aimée comme mes soeurs !!!
 
 
 
La crainte, la peur d'être jugé sans un juste jugement.
Mais non ! L'étreinte d'amour aurait suffi avec amabilité.
Et pourquoi pas une bise ! J'étais quand même ton enfant !!!
L'enfant refusé
 
J'étais la chair de ta chair... terrible et émouvante pensée !
 
 
 
Je pense souvent à ton visage, à tes gestes étrangers.
Te dire Maman dans une voix tremblante et chaleureuse.
Mais pourquoi ce détour ? Je ne suis pas la honte du passé !
Je suis un être avec un coeur sensible, une âme malheureuse.
 
 
 
Où que tu sois, je te salue de mille baisers sincères.
 
 
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"Le chemin des mots"  posté le dimanche 05 août 2007 20:48


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"Le premier chagrin d'Elsa"
Musique de Richard CLAYDERMAN 
   
 
LE CHEMIN DES MOTS
 
 

 
 
 Il était une fois une petite fille
 
qui ne trouvait jamais les mots
 
pour dire ce qu'elle ressentait. 
 
Chaque fois qu'elle tentait de s'exprimer,
 
de traduire ce qui se passait à l'intérieur d'elle,
 
elle éprouvait une sorte de vide. 
 
Les mots semblaient courir plus vite que sa pensée. 
 
Ils avaient l'air de se bousculer dans sa bouche
 
mais n'arrivaient pas à se mettre ensemble
 
pour faire une phrase. 
 
Dans ces moments-là, elle devenait agressive,
 
violente, presque méchante. 
 
Et des phrases toutes faites, coupantes,
 
cinglantes sortaient de sa bouche. 
 
Elles lui servaient uniquement
 
à couper la relation qui aurait pu commencer. 
 
De toute façon tu peux pas comprendre. 
 
Ca sert à rien de dire. 
 
C'est des bêtises de croire
 
qu'il faut tout dire!
 


D'autres fois, elle préférait
 
s'enfermer dans le silence,
 
avec ce sentiment douloureux. 
 
Que de toute façon personne ne pouvait
 
savoir ce qu'elle ressentait,
 
qu'elle n'y arriverait jamais. 
 
Que les mots ne sont que des mots. 
 
Mais tout au fond d'elle-même,
 
elle était malheureuse, désespérée,
 
vivant une véritable torture
 
à chaque tentative de partage. 
 
Un jour, elle entendit un poète
 
qui disait à la radio que
 
"Il y a chez tout être humain
 
un chemin des mots
 
qu'il appartient à chacun de trouver." 
 
Et, dès le lendemain,
 
la petite fille décida de partir
 
sur le chemin des mots
 
qui était à l'intérieur d'elle.
 


 La première fois où elle s'aventura
 
sur le chemin des mots,
 
elle ne vit rien. 
 
Seulement des cailloux, des ronces,
 
des branchages, des orties,
 
et quelques fleurs piquantes. 
 
Les mots du chemin
 
des mots semblaient se cacher,
 
paraissaient la fuir. 
 
La seconde fois où elle chemina
 
sur le chemin des mots,
 
le premier mot qu'elle vit
 
sur la pente d'un talus
 
fut le mot OSER
 
Quand elle s'approcha,
 
ce mot osa lui parler. 
 
Il dit d'une voix exténuée:
 
"Veux-tu me pousser
 
un peu plus haut sur le talus?" 
 
Elle lui répondit:
 
"Je crois que je vais
 
te prendre avec moi
 
et que je vais t'emmener
 
très loin dans ma vie."
 


 Une autre fois, elle découvrit
 
que les mots étaient comme
 
des signes sur le bord de ce chemin
 
et que chacun avaient une forme différente
 
et un sens particulier. 
 
Le deuxième mot qu'elle rencontra
 
fut le mot VIE
 
Elle le ramassa, le mit contre son oreille. 
 
Tout d'abord, elle entendit rien. 
 
Mais en retenant sa respiration,
 
elle perçut comme un petit chuchotement:
 
"Je suis en toi, je suis en toi"
 
et plus bas encore:
 
"Prend soin de moi." 
 
Mais là, elle ne fut pas très sure
 
d'avoir bien entendu.
 


  Un peu plus loin sur le chemin des mots,
 
elle trouva un petit mot tout seul,
 
recroquevillé sur lui-même,
 
tout frileux comme s'il avait froid. 
 
Il avait vraiment l'air malheureux ce mot-là.
 
  Elle le ramassa, le réchauffa un peu,
 
l'approcha de son coeur
 
et entendit un grand silence.
 
  Elle le caressa et lui dit:
 
"Comment tu t'appelles-toi?"
 
  Et le petit mot qu'elle avait ramassé
 
lui dit d'une voix nouée:
 
"Moi, je suis le mot SEUL
 
Je suis vraiment tout seul. 
 
Je suis perdu, personne ne s'intéresse à moi,
 
ni ne s'occupe de moi." 
 
Elle serra le petit mot contre elle,
 
l'embrassa doucement et poursuivit sa route.
 


 Près d'un fossé sur le chemin des mots,
 
elle vit un mot à genoux, les bras tendus. 
 
Elle s'arrêta, le regarda et
 
c'est le mot qui s'adressa à elle:
 
"Je m'appelle TOI", lui dit-il.
 
  "Je suis un mot très ancien
 
mais difficile à rencontrer
 
car il faut me différencier
 
sans arrêt des autres." 
 
La petite fille le prit en disant:
 
"J'ai envie de t'adopter,
 
    toi, tu seras un bon compagnon pour moi.  
 

 
 Sur le chemin des mots
 
elle rencontra d'autres mots
 
qu'elle laissa à leur place. 
 
Elle chercha un mot tout joyeux, tout vivant. 
 
Un mot qui puisse scintiller
 
dans la nuit de ses errances
 
et de ses silences.
 
  Elle le trouva au creux d'une petite clairière. 
 
Il était allongé de tout son long,
 
paraissait détendu les yeux grands ouverts. 
 
Il avait l'air d'un mot
 
tout à fait heureux d'être la. 
 
Elle s'approcha de lui, lui sourit et dit:
 
"C'est vraiment toi que je cherchait,
 
je suis ravie de t'avoir trouvé.
 
Veux-tu venir avec moi ?" 
 
Il répondit:
 
"Bien sûr, moi aussi je t'attendais..." 
 
Ce mot qu'elle avait trouvé était le mot VIVRA
 

 
    Quand elle rassembla tous les mots
 
qu'elle avait recueillis
 
sur le chemin des mots,
 
elle découvrit avec stupéfaction
 
qu'ils pouvaient faire la phrase suivante:
 
Ose ta vie, toi seule la vivras,
 
elle répéta plus lentement:
 
"Ose ta vie, toi seule la vivras."
 


  Depuis ce jour, la petite fille
 
prit l'habitude d'aller se promener
 
    sur le chemin des mots. 
 
Elle fit ainsi des découvertes étonnantes,
 
et ceux qui la connaissent
 
furent très surpris d'entendre
 
tout ce que cette petite fille
 
    avait à l'intérieur d'elle. 
 
Ils furent étonnés de toute la richesse
 
qu'il y avait dans une petite fille très silencieuse.
 


   Ainsi ce termine le conte
 
de la petite fille
 
qui ne trouvait jamais les mots pour se dire.
                    

        (Auteur inconnu)
 

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